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Juste après le décès

Dans la tradition juive, la vie et la mort sont entre les mains de D.ieu. Au moment du décès, on proclame l'unité de D.ieu et Sa souveraineté.

Ce qu'il faut faire

Au moment du décès

Lorsque l'on est présent au moment du décès, la tradition est de proclamer l'unité et la souveraineté du Maître du monde.

On récite :

  1. שְׁמַע יִשְׂרָאֵל ה׳ אֱלֹהֵינוּ ה׳ אֶחָד

    Chéma Israël Ado-naï Elo-hénou Ado-naï E'had

    « Écoute Israël : Hachem est notre Dieu, Hachem est Un. »

  2. בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד

    Baroukh Chem Kevod Malkhouto Le'olam Va'ed

    « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais. »

Certains ajoutent également :

  1. ה׳ הוּא הָאֱלֹהִים

    Ado-naï Hou HaElo-him

    « Hachem, Lui, est Dieu. »

  2. ה׳ מֶלֶךְ ה׳ מָלַךְ ה׳ יִמְלֹךְ לְעוֹלָם וָעֶד

    Ado-naï Melekh, Ado-naï Malakh, Ado-naï Yimlokh Le'olam Va'ed

    « Hachem règne, Hachem a régné, Hachem régnera à jamais. »

Pour la halakha relative à la conduite à tenir au moment de la sortie de l'âme : Kitsour Ganzfried 194

Source : proclamer l'unité de D.ieu au moment de la mort

Rambam, Michné Torah, Hilkhot Kriat Chéma 1:4

הקורא קרית שמע, כשהוא גומר פסוק ראשון, אומר בלחש: ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד; וחוזר וקורא כדרכו: ואהבת את ה׳, עד סופה.

ולמה קורין כן? מסורת היא בידינו, שבשעה שקיבץ יעקוב אבינו את בניו במצריים בשעת מיתתו, ציוום וזירזם על ייחוד השם, ועל דרך ה׳ שהלך בה אברהם ויצחק אביו.

ושאל אותן ואמר להן: בניי, שמא יש בכם פסולת, מי שאינו עומד עימי בייחוד אדון כל העולם, כעניין שאמר לנו משה רבנו: פן יש בכם איש או אישה...

ענו כולם ואמרו לו: שמע ישראל, ה׳ אלוהינו, ה׳ אחד — כלומר: שמע ממנו, אבינו ישראל, ה׳ אלוהינו, ה׳ אחד.

פתח הזקן וענה: ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד.

לפיכך נהגו כל ישראל לומר שבח זה ששיבח בו ישראל הזקן, אחר פסוק זה.

Celui qui lit le Chéma, lorsqu'il termine le premier verset, dit à voix basse : « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais », puis il reprend la lecture normalement : « Tu aimeras Hachem… », jusqu'à la fin du passage.

Pourquoi le lit-on ainsi ? Nous avons reçu par tradition que, lorsque Yaakov Avinou rassembla ses fils en Égypte au moment de sa mort, il leur ordonna et les encouragea à reconnaître l'unité du Nom de D.ieu, et à suivre la voie de D.ieu dans laquelle avaient marché son père Its'hak et Avraham.

Il les interrogea et leur dit : « Mes enfants, y aurait-il parmi vous quelqu'un qui se serait écarté, quelqu'un qui ne se tiendrait pas avec moi dans la reconnaissance de l'unité du Maître du monde ? » comme Moché Rabbénou nous a avertis : « Peut-être y a-t-il parmi vous un homme ou une femme… »

Tous répondirent et lui dirent : « Chéma Israël, Hachem Elokénou, Hachem E'had » — c'est-à-dire : « Écoute de notre part, notre père Israël : Hachem est notre Dieu, Hachem est Un. »

Le patriarche répondit alors : « Baroukh Chem Kevod Malkhouto Le'olam Va'ed » — « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais. »

C'est pourquoi tout Israël a pris l'usage de dire cette louange, que Yaakov — Israël l'Ancien — avait prononcée, après ce verset.


Guemara Berakhot 61b — Rabbi Akiva

בשעה שהוציאו את רבי עקיבא להריגה, זמן קריאת שמע היה, והיו סורקים את בשרו במסרקות של ברזל, והיה מקבל עליו עול מלכות שמים. אמרו לו תלמידיו: רבינו, עד כאן? אמר להם: כל ימי הייתי מצטער על פסוק זה: בכל נפשך — אפילו נוטל את נשמתך. אמרתי: מתי יבוא לידי ואקיימנו? ועכשיו שבא לידי לא אקיימנו? היה מאריך באחד עד שיצתה נשמתו באחד.

Lorsque l'on conduisit Rabbi Akiva à la mort [par les Romains], c'était l'heure de réciter le Chéma. On peignait sa chair avec des peignes de fer [pour le torturer], et lui acceptait sur lui le joug de la royauté divine [en récitant le Chéma].

Ses élèves lui dirent : « Notre maître, jusque-là ? » [Même dans une telle souffrance ?]

Il leur répondit : « Toute ma vie, j'ai été préoccupé par ce verset : "Tu aimeras l'Éternel ton D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces" ; "de toute ton âme" — même s'Il prend ton âme [même au prix de ta vie]. Je me disais : quand cela se présentera-t-il à moi pour que je l'accomplisse ? Maintenant que cela se présente, ne l'accomplirais-je pas ? »

Il prolongea le mot "E'had" [Un, dans le verset du Chéma] jusqu'à ce que son âme sorte sur "E'had".

Dire Baroukh Dayan HaEmet après le décès

Si l'on n'est pas tenu de porter le deuil, on dit Baroukh Dayan HaEmet lorsque l'on est présent au moment du décès ou lorsque l'on apprend plus tard la mauvaise nouvelle.

בָּרוּךְ דַּיַּן הָאֱמֶת

Baroukh Dayan HaEmet

« Béni soit le Juge de la vérité. »

Si l'on est tenu de porter le deuil, ou si l'on est particulièrement touché par le décès, on récite la bénédiction complète avec le Nom divin et la mention de la royauté :

בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם דַּיַּן הָאֱמֶת

Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Melekh HaOlam, Dayan HaEmet

« Béni es-Tu, Hachem, notre Dieu, Roi du monde, Juge de la vérité. »

Choulkhan Aroukh, Ora'h Haïm 222:1 · Choulkhan Aroukh, Ora'h Haïm 223:2 · Kitsour Ganzfried 194 · Yalkout Yossef, Aveilout 9

Source halakhique : Baroukh Dayan HaEmet

Michna Berakhot 9:2

על שמועות רעות אומר: ברוך דיין האמת.

Sur de mauvaises nouvelles, on dit : « Béni soit le Juge de la vérité. »


Choulkhan Aroukh, Ora'h Haïm 222:1

על שמועות רעות מברך: ברוך אתה ה׳ אלוהינו מלך העולם דיין האמת.

Sur de mauvaises nouvelles, on récite : « Béni es-Tu, Hachem, notre Dieu, Roi du monde, Juge de la vérité. »


Choulkhan Aroukh, Ora'h Haïm 223:2

מת אביו, מברך: דיין האמת; היה לו ממון שירשו, אם אין לו אחים מברך גם כן: שהחיינו; ואם יש לו אחים, במקום שהחיינו מברך: הטוב והמטיב.

Si son père est mort, il récite : « Dayan HaEmet ». S'il lui a laissé des biens dont il hérite, s'il n'a pas de frères, il récite aussi « Chéhé'héyanou » ; et s'il a des frères, à la place de « Chéhé'héyanou », il récite « Hatov VeHametiv ».

Cette source ne traite pas toute la halakha du deuil. Elle confirme que l'annonce du décès du père entre dans le cadre de Dayan HaEmet, dans un cas où se mêlent mauvaise nouvelle et héritage.


TaZ, Ora'h Haïm 223:5

כל הברכות הכתובים בזה הסימן פשוט שהם בשם ומלכות, זולת בברכת דיין האמת, שבודאי יש לאומרו אפילו על אחר שמת, ולא זכרו אביו רק משום ברכות אחרות השייכים לו. אלא דמנהג העולם בשמיעה שמת אחד שאומרים ברוך דיין אמת בלא שם ומלכות, אלא במי שיש לו צער במיתתו, וכל שכן באדם חשוב שמת, ודאי יש לומר בשם ומלכות, שזהו בכלל שמועות רעות.

Toutes les bénédictions mentionnées dans ce siman sont évidemment dites avec Nom divin et royauté, sauf pour la bénédiction Dayan HaEmet. Il est certain qu'il faut la dire même pour la mort d'une autre personne, et le père n'a été mentionné que parce que d'autres bénédictions s'y ajoutent. Mais l'usage courant, lorsqu'on apprend qu'une personne est morte, est de dire « Baroukh Dayan Emét » sans Nom divin et royauté, sauf lorsqu'on éprouve une peine à cause de sa mort ; et a fortiori lorsqu'une personne importante est morte, il faut certainement le dire avec Nom divin et royauté, car cela entre dans le cadre des mauvaises nouvelles.


Michna Beroura 223:8

והוא הדין שאר אדם כשר שאדם מצטער עליו דהוא בכלל שמועות רעות, מיהו העולם נוהגין לברך בלא שם ומלכות ואינו נכון. ועל כל פנים על תלמיד חכם שמת, שצריך בודאי להתאונן ולהתמרמר על זה, וכן על קרוביו שחייב להתאבל עליהם, ודאי יזכור הברכה בשם ומלכות.

Il en est de même pour toute personne valable dont la mort cause de la peine, car cela fait partie des mauvaises nouvelles. Toutefois, l'usage du monde est de bénir sans Nom divin et royauté, et cela n'est pas correct. En tout cas, pour un talmid 'hakham qui est mort, puisqu'il faut certainement s'en affliger et s'en attrister, ainsi que pour les proches sur lesquels on est tenu de prendre le deuil, il mentionnera certainement la bénédiction avec Nom divin et royauté.


Aroukh HaChoulkhan, Ora'h Haïm 223:3

מת אביו - מברך דיין האמת, שעל כל המתים שמתאבל עליהם חייב בברכה זו, וכל שכן על אביו. ואפילו על תלמיד חכם ואדם כשר לכתחילה יש לברך דיין האמת כשמת, דלא גרע משמועות רעות, אלא שלא נהגו לברך בשם ומלכות.

מיהו על אביו פשיטא שמברך בשם ומלכות ואין בזה רבותא כלל.

Si son père est mort, il récite Dayan HaEmet, car pour tous les morts sur lesquels on prend le deuil, on est tenu à cette bénédiction, et a fortiori pour son père. Même pour un talmid 'hakham ou un homme valable, il faudrait a priori réciter Dayan HaEmet lorsqu'il meurt, car cela n'est pas moins qu'une mauvaise nouvelle ; seulement, on n'a pas l'usage de le réciter avec Nom divin et royauté.

Cependant, pour son père, il est évident qu'on récite avec Nom divin et royauté, et cela n'a rien de nouveau.

Le sens de Baroukh Dayan HaEmet

Iyov / Job 1, 13-21

Iyov apprend coup sur coup la perte de ses biens, la mort de ses serviteurs, puis la mort de ses fils et de ses filles. Le dernier messager lui annonce qu'un grand vent a frappé la maison où ses enfants se trouvaient, que la maison s'est effondrée sur eux, et qu'ils sont morts.

וַיָּקָם אִיּוֹב וַיִּקְרַע אֶת־מְעִלוֹ וַיָּגָז אֶת־רֹאשׁוֹ וַיִּפֹּל אַרְצָה וַיִּשְׁתָּחוּ.

וַיֹּאמֶר: עָרֹם יָצָאתִי מִבֶּטֶן אִמִּי וְעָרֹם אָשׁוּב שָׁמָּה; ה׳ נָתַן וַה׳ לָקָח, יְהִי שֵׁם ה׳ מְבֹרָךְ.

Iyov se leva, déchira son manteau, se rasa la tête, tomba à terre et se prosterna.

Il dit : « Nu je suis sorti du ventre de ma mère, et nu j'y retournerai. Hachem a donné, Hachem a repris ; que le Nom de Hachem soit béni. »


Midrach Michlé, chapitre 31 — La sagesse de Brouria, épouse de Rabbi Meïr

מעשה היה ברבי מאיר, שהיה יושב בבית המדרש בשבת בשעת מנחה ודורש. מתו שני בניו. מה עשתה אמן? הניחה שניהם על המטה ופרשה סדין עליהם.

במוצאי שבת בא רבי מאיר מבית המדרש. אמר לה: היכן שני בני? אמרה לו: לבית המדרש הלכו. אמר לה: צפיתי בבית המדרש ולא ראיתי אותם. נתנה לו כוס של הבדלה.

חזר ואמר: היכן שני בני? אמרה לו: פעמים הלכו להם למקום פלוני ועכשיו הם באים.

הקריבה לפניו לאכול. מאחר שבירך, אמרה לו: רבי, שאלה אחת יש לי לשאול. אמר לה: אמרי.

אמרה לו: קודם היום בא אדם אחד ונתן לי פקדון. עכשיו בא. נחזיר לו או לאו?

אמר לה: בתי, מי שיש לו פקדון אצלו אינו צריך להחזירו לרבו?

אמרה לו: חוץ מדעתך לא הייתי נותנה אותו.

מה עשתה? תפשתו בידו והעלתה אותו לאותו החדר, והקריבה אותו למטה, ונטלה הסדין מעליהם, וראה שניהם מתים מונחים על המטה.

התחיל בוכה ואמר: בני בני, רבי רבי. בני בדרך ארץ, ורבי שהיו מאירין פני בתורתן.

באותה שעה אמרה לו: רבי מאיר, רבי, לא כך אמרת לי שאנו צריכין להחזיר הפקדון לרבו? כך: ה׳ נתן וה׳ לקח.

בדבר הזה נחמתו, ונחה דעתו ונתיישבה.

Il arriva que Rabbi Meïr était assis au Beth Hamidrash, un Chabbat à l'heure de Min'ha, et enseignait. Ses deux fils moururent. Que fit leur mère ? Elle les déposa tous deux sur le lit et étendit un drap sur eux.

À la sortie de Chabbat, Rabbi Meïr revint du Beth Hamidrash. Il lui dit : « Où sont mes deux fils ? » Elle lui répondit : « Ils sont allés au Beth Hamidrash. » Il lui dit : « J'ai regardé au Beth Hamidrash et je ne les ai pas vus. » Elle lui donna alors la coupe de Havdala.

Il demanda de nouveau : « Où sont mes deux fils ? » Elle lui répondit : « Parfois, ils vont à tel endroit ; à présent, ils vont revenir. »

Elle lui présenta à manger. Après qu'il eut récité la bénédiction, elle lui dit : « Rabbi, j'ai une question à te poser. » Il lui dit : « Parle. »

Elle lui dit : « Plus tôt aujourd'hui, quelqu'un est venu et m'a confié un dépôt. Maintenant, il est revenu. Devons-nous le lui rendre, ou non ? »

Il lui répondit : « Ma fille, celui qui a un dépôt chez lui n'a-t-il pas besoin de le rendre à son maître ? »

Elle lui dit : « Sans ton avis, je ne l'aurais pas rendu. »

Que fit-elle ? Elle le prit par la main, le fit monter dans cette chambre, l'approcha du lit, retira le drap qui était sur eux, et il vit ses deux fils morts, déposés sur le lit.

Il se mit à pleurer et dit : « Mes fils, mes fils ; mes maîtres, mes maîtres. Mes fils par leur conduite, et mes maîtres parce qu'ils illuminaient mon visage par leur Torah. »

À ce moment-là, elle lui dit : « Rabbi Meïr, mon maître, n'as-tu pas dit que nous devons rendre le dépôt à son maître ? Ainsi : Hachem a donné et Hachem a repris. »

Par cette parole, il fut consolé, son esprit s'apaisa et se stabilisa.

La kéri'a

La kéri'a, ou kri'a, est le fait de déchirer son vêtement en signe de douleur.

La halakha est que les personnes présentes auprès du défunt au moment du décès pratiquent la kéri'a.

Même s'ils n'étaient pas présents au moment du décès, les proches tenus de porter le deuil déchirent leur vêtement : père, mère, fils, fille, frère, sœur ou conjoint.

De nos jours, la kéri'a des endeuillés est effectuée au cimetière, après l'inhumation, sous la conduite du rabbin.

Choulkhan Aroukh, Yoré Déa 340 · Yalkout Yossef, Aveilout 9

Source halakhique : la kéri'a

Choulkhan Aroukh, Yoré Déa 340:1

La kri'a concerne les proches pour lesquels on observe le deuil. Les proches tenus au deuil sont notamment : père, mère, fils, fille, frère, sœur ou conjoint.


Choulkhan Aroukh, Yoré Déa 340:5

העומד בשעת יציאת נשמה של איש או אשה מישראל חייב לקרוע.

Celui qui se tient présent au moment de la sortie de l'âme d'un homme ou d'une femme d'Israël est tenu de faire la kri'a.

Faire constater le décès

Si le décès survient à domicile, la première démarche est de faire venir un médecin. C'est lui qui constate le décès et établit le certificat de décès.

En milieu médicalisé, le certificat de décès est généralement délivré par l'établissement.

La famille doit signaler aux soignants ou aux encadrants qu'elle souhaite observer les rites funéraires juifs, afin d'éviter toute intervention non indispensable avant la toilette rituelle.

La dignité du défunt

Une fois le certificat de décès établi, on veille à ce que la personne repose dignement : jambes étendues, bras le long du corps, bouche et yeux fermés.

Si ce n'est pas déjà le cas, une personne de confiance, un soignant ou un professionnel pourra faire les manipulations nécessaires.

Le défunt doit ensuite être couvert, de la tête aux pieds, à l'aide d'un drap.

Une personne au moins doit rester auprès du défunt. Il ne doit pas rester seul.

On pourra lire ou faire lire des Téhilim auprès de lui. Les proches tenus de porter le deuil, qui sont désormais soumis aux règles de la aninout, en sont dispensés.

Ces attentions expriment le respect dû au défunt, le kevod ha-met.

Yalkout Yossef, Aveilout 8 — shemira · Kitsour Ganzfried 194

Source : kevod hamet et 'hessed chel émét

Beréchit 46, 4

Lorsque Yaakov descend en Égypte, D.ieu lui annonce qu'il y retrouvera Yossef et que Yossef sera auprès de lui jusqu'à sa mort.

וְיוֹסֵף יָשִׁית יָדוֹ עַל־עֵינֶיךָ.

« Yossef posera sa main sur tes yeux. »

Cette parole est traditionnellement comprise comme une allusion au fait que Yossef fermera les yeux de Yaakov après sa mort.


Beréchit 47, 29

À la fin de sa vie, Yaakov appelle Yossef et lui demande de ne pas l'enterrer en Égypte. C'est à ce moment qu'il emploie l'expression 'hessed ve-émet.

וַיִּקְרְבוּ יְמֵי־יִשְׂרָאֵל לָמוּת, וַיִּקְרָא לִבְנוֹ לְיוֹסֵף, וַיֹּאמֶר לוֹ: אִם־נָא מָצָאתִי חֵן בְּעֵינֶיךָ, שִׂים־נָא יָדְךָ תַּחַת יְרֵכִי, וְעָשִׂיתָ עִמָּדִי חֶסֶד וֶאֱמֶת; אַל־נָא תִקְבְּרֵנִי בְּמִצְרָיִם.

Les jours d'Israël approchèrent de la mort. Il appela son fils Yossef et lui dit : « Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, mets ta main sous ma cuisse, et fais avec moi bonté et vérité : ne m'enterre pas en Égypte. »


Rachi sur Beréchit 47, 29

חסד שעושין עם המתים הוא חסד של אמת, שאינו מצפה לתשלום גמול.

Le 'hessed que l'on accomplit envers les morts est un 'hessed de vérité, car on n'attend pas de paiement en retour.


Rambam, Michné Torah, Hilkhot Avel 4:1

מנהג ישראל במתים ובקבורה כך הוא: מאמצין עיניו של מת, ואם נפתח פיו קושרין את לחייו... ומכסין פני המת.

Voici le minhag d'Israël concernant les morts et l'enterrement : on ferme les yeux du défunt ; si sa bouche s'est ouverte, on attache ses mâchoires… et l'on couvre le visage du défunt.

Avant le deuil, la aninout

Jusqu'à l'inhumation, les proches qui seront tenus de porter le deuil après l'enterrement ont le statut de onenim. Ils sont soumis aux règles de la aninout.

En tant qu'onenim, ils sont dispensés de tous les commandements positifs du judaïsme, c'est-à-dire de l'obligation d'accomplir une action prescrite, comme la prière, les bénédictions, etc.

Pour en savoir plus, consultez la page consacrée aux règles de la aninout et du deuil.

Choulkhan Aroukh, Yoré Déa 341 · Yalkout Yossef, Aveilout 7

Source : le statut d'onène

Choulkhan Aroukh, Yoré Déa 341:1

מי שמת לו מת שהוא חייב להתאבל עליו, קודם קבורה אוכל בבית אחר. אין לו בית אחר, אוכל בבית חבירו. אין בית לחבירו, עושה לו מחיצה ואוכל. ואם אין לו דבר לעשות מחיצה, מחזיר פניו ואוכל.

ובין כך ובין כך, ואפילו הוא בעיר אחרת, אינו מיסב ואוכל, ואינו אוכל בשר ואינו שותה יין, ואינו מברך ברכת המוציא ולא ברכת המזון, ואין מברכים עליו ולא מזמנין עליו. אפילו אם אוכל עם אחרים שמברכים, לא יענה אחריהם אמן. ופטור מכל מצות האמורות בתורה.

Celui qui a perdu un proche pour lequel il est tenu de prendre le deuil, avant l'enterrement, mange dans une autre maison. S'il n'a pas d'autre maison, il mange chez un ami. S'il n'a pas la maison d'un ami, il fait une séparation et mange. S'il n'a rien pour faire une séparation, il détourne son visage et mange.

Dans tous les cas, même s'il est dans une autre ville, il ne s'installe pas pour manger comme d'habitude, ne mange pas de viande, ne boit pas de vin, ne récite pas la bénédiction sur le pain ni le Birkat Hamazon ; on ne récite pas non plus ces bénédictions pour lui et on ne l'inclut pas dans le zimoun. Même s'il mange avec d'autres qui bénissent, il ne répond pas amen après eux. Il est exempt de toutes les mitsvot positives de la Torah.

Nous pouvons vous aider

À chaque étape, y compris en région, Dayan HaEmet peut accompagner la famille : organisation de la veillée auprès du défunt (shemira), premiers contacts avec les pompes funèbres, toilette rituelle et accompagnement rabbinique.

Cas particulier : Chabbat

S'il y a le moindre espoir que la personne soit encore en vie, on appellera immédiatement les secours et tout autre intervenant compétent. Nous avons l'obligation de transgresser Chabbat si l'on peut sauver une vie.

Mais si le décès est confirmé pendant Chabbat, on évitera de prendre contact avec les pompes funèbres ou d'entreprendre les démarches liées aux obsèques.

On évitera également, autant que possible, d'annoncer la triste nouvelle aux personnes qui respectent Chabbat.

Choulkhan Aroukh, Ora'h Haïm 328 · Choulkhan Aroukh, Ora'h Haïm 311 · Choulkhan Aroukh, Ora'h Haïm 307:1 · Choulkhan Aroukh, Yoré Déa 402:12 · Yalkout Yossef, Aveilout 8

Voir aussi

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