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Auprès d'une personne mourante : que recommande la halakha ?

Comment accompagner une personne en fin de vie avec dignité : rester présent, préserver le calme, éviter les gestes inappropriés, comprendre le rôle et l'importance du Vidouy, et demander si besoin l'avis d'un Rav.

Ce que vous pouvez faire

Ce que vous pouvez faire

Il n'est pas toujours possible d'agir. L'essentiel est d'être présent, de préserver le calme et d'éviter des gestes et paroles inappropriés.

Rester auprès d'elle

Tant que c'est possible, restez près de la personne ou organisez une présence calme autour d'elle.

Préserver le calme

Parlez peu, doucement, sans agitation, sans dispute et sans paroles qui pourraient l'inquiéter.

Éviter les gestes non nécessaires

Ne pas déplacer, ne pas secouer, ne pas manipuler la personne sans nécessité.

Proposer le Vidouy

Le Vidouy est une prière de retour vers Hachem. Si la personne est consciente, il peut être proposé calmement, sans pression et sans l'effrayer.

Préserver la personne de tout mouvement inutile

La halakha accorde une très grande importance aux précautions à prendre auprès du gossès, c'est-à-dire la personne agonisante. Même un geste qui semble anodin peut lui imposer un mouvement ou une tension, et avoir des conséquences négatives sur son état.

On évite donc de la déplacer, de la secouer, de la manipuler ou de lui imposer un mouvement, même limité — comme fermer ses yeux avant le décès — sauf nécessité médicale.

Source halakhique : Chabbat 151b ; Choulkhan Aroukh, Yoré Déa 339:1

La Guemara enseigne :

« Celui qui ferme les yeux d'une personne au moment où l'âme sort est considéré comme versant le sang. Cela ressemble à une bougie qui s'éteint peu à peu : si quelqu'un pose le doigt dessus, elle s'éteint aussitôt. »

Chabbat 151b.

Le Choulkhan Aroukh précise que le gossès est considéré comme vivant à tous égards. Il ne faut pas le déplacer, retirer le coussin de dessous lui, ni fermer ses yeux avant le décès.

Choulkhan Aroukh, Yoré Déa 339:1.

Vidouy de l'agonisant

Le Vidouy est une prière de reconnaissance des fautes et de retour vers Hachem.

Dans les derniers moments de la vie, une personne consciente peut le dire elle-même, si elle en a la force et si cela peut lui être proposé sans l'inquiéter.

Le Vidouy ne doit pas être présenté comme une annonce de décès imminent. Il doit être proposé calmement, sans pression et sans l'effrayer.

Lire le Vidouy
Source halakhique : Choulkhan Aroukh, Yoré Déa 338

Dans les termes du Choulkhan Aroukh :

Pour ne pas effrayer le mourant, on lui dit, si l'on sent que la mort approche :

« Confesse-toi. Beaucoup se sont confessés et ne sont pas morts, et nombreux sont ceux qui sont morts sans s'être confessés. Si tu reconnais avoir fauté, ta récompense sera d'être vivant, car celui qui se confesse a sa part au monde futur. »

S'il ne peut pas dire le Vidouy à voix haute, il le dira en son cœur.

S'il ne sait pas dire le Vidouy correctement, il dira simplement :

Mitati téhé kapara al kol avonotaï.

« Que ma mort soit une expiation de toutes mes fautes. »

Ces choses ne doivent pas être dites en présence de femmes ou d'enfants, qui pourraient pleurer et lui briser le cœur.

Choulkhan Aroukh, Yoré Déa 338.

Prière, Téhilim et étude de Torah

Dans le judaïsme, la vie et la mort sont entre les mains d'Hachem.

La prière n'est donc pas secondaire. Tant que la personne est en vie, on peut prier pour elle, implorer la miséricorde divine, ajouter du mérite à la personne par la tsédaka donnée en son nom, par le fait de prendre sur soi une mitsva, par la lecture des Téhilim, ou par une étude de Torah.

Nos Sages enseignent que même lorsqu'une situation paraît désespérée, il ne faut pas s'empêcher d'implorer la miséricorde divine.

Selon les capacités et les forces de chacun, on pourra donner de la tsédaka pour son mérite, lire des Téhilim auprès de la personne, prendre sur soi une mitsva, ou organiser une lecture de Téhilim ou une étude de Torah pour sa guérison complète.

Lire les Téhilim Organiser une lecture ou une étude
Sources : prière, Téhilim et étude de Torah

Il est écrit :

״אֲשֶׁר בְּיָדוֹ נֶפֶשׁ כָּל חָי וְרוּחַ כָּל בְּשַׂר אִישׁ״

« Dans Sa main se trouve l'âme de tout vivant, et le souffle de toute chair humaine. »

Iyov 12:10.

Nos Sages enseignent :

״אֲפִילּוּ חֶרֶב חַדָּה מֻנַּחַת עַל צַוָּארוֹ שֶׁל אָדָם, אַל יִמְנַע עַצְמוֹ מִן הָרַחֲמִים״

« Même si une épée tranchante est posée sur le cou d'un homme, qu'il ne s'empêche pas d'implorer la miséricorde divine. »

Berakhot 10a.

Ils enseignent aussi :

״כָּל שֶׁיֵּשׁ לוֹ חוֹלֶה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, יֵלֵךְ אֵצֶל חָכָם וִיבַקֵּשׁ עָלָיו רַחֲמִים״

« Celui qui a un malade dans sa maison ira auprès d'un Sage et demandera Miséricorde pour lui. »

Bava Batra 116a.

Sur la tsédaka, il est écrit :

״וּצְדָקָה תַּצִּיל מִמָּוֶת״

« La tsédaka sauve de la mort. »

Michlé 10:2 ; voir aussi Bava Batra 10a.

Sur l'étude de Torah, la Michna enseigne :

״וְתַלְמוּד תּוֹרָה כְּנֶגֶד כֻּלָּם״

« Et l'étude de la Torah équivaut à tout. »

Michna Péa 1:1.

Bien agir pour le mérite d'autrui

Lorsqu'une personne est en danger, on peut — et, dans la mesure du possible, on doit — agir en sa faveur : prier pour elle, donner de la tsédaka pour son mérite, lire des Téhilim, prendre sur soi l'accomplissement d'une mitsva, étudier ou organiser une étude de Torah pour sa guérison complète.

La Guemara (Berakhot 34b) raconte que le fils de Rabban Gamliel tomba malade. Rabban Gamliel envoya deux talmidé 'hakhamim auprès de Rabbi 'Hanina ben Dossa, afin qu'il demande Miséricorde pour son fils.

Rabbi 'Hanina pria pour lui, puis annonça que la fièvre l'avait quitté. Les envoyés notèrent l'heure. Lorsqu'ils revinrent chez Rabban Gamliel, on leur confirma que la fièvre était tombée au moment même où Rabbi 'Hanina le leur avait annoncé.

Cela nous enseigne la force d'une prière faite pour autrui. Lorsqu'un proche est en danger, nos prières, notre tsédaka, notre étude et nos mitsvot peuvent être orientées en sa faveur, en demandant que le mérite de nos actions lui soit attribué.

Organiser une lecture ou une étude Donner de la tsédaka pour son mérite
Sources : la visite aux malades et la prière pour leur guérison

Lorsque Myriam fut atteinte de tsaraat, Moïse pria pour elle en ces termes :

״אֵל נָא רְפָא נָא לָהּ״

« O Dieu, guéris-la, je t'en supplie. »

Bamidbar 12:13.

Le Choulkhan Aroukh enseigne que lors de la visite d'un malade (bikour holim), on doit prier pour sa guérison. La formule traditionnelle est :

״הַמָּקוֹם יְרַחֵם עָלֶיךָ בְּתוֹךְ שְׁאָר חוֹלֵי יִשְׂרָאֵל״

« Que Hachem ait pitié de toi parmi les autres malades d'Israël. »

Choulkhan Aroukh, Yoré Déa 335:1.

Le Rama précise que l'obligation de prier pour le malade ne requiert pas d'être physiquement présent à ses côtés : on peut prier pour lui même de loin.

Rama, Yoré Déa 335:4.

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