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La pierre tombale (Matséva)
- La Matséva est la stèle posée sur la tombe d'un défunt juif afin d'en marquer l'emplacement et de perpétuer son souvenir.
- Son érection est un usage bien établi dans toutes les communautés juives, fondé sur des sources bibliques et rabbiniques.
- La Tora mentionne que Yaakov érigea une stèle (Matséva) sur la tombe de Ra'hel (Genèse 35:20). Le Rambam et le Choulkhan Aroukh (Yoré Déa 348) confirment cette pratique.
Quand poser la Matséva ?
- Les usages varient selon les communautés : il n'existe pas de date unique imposée par la Halakha.
- Dans de nombreuses communautés ashkénazes, la Matséva est posée à la fin des douze mois de deuil, pour les parents. Pour les autres proches, à la fin des Chlochim.
- Dans certaines communautés séfarades, l'usage est de la poser à la fin des trente premiers jours (Chlochim), ou à une date plus proche de l'inhumation.
- Dans d'autres communautés, elle est posée le plus tôt possible après la Chiva, dès que les démarches administratives le permettent.
- Il est important de respecter le minhag de sa propre communauté ou, en cas de doute, de consulter son Rav.
- La cérémonie de dévoilement est appelée Hakamot Matséva : la famille se réunit au cimetière pour découvrir la stèle, lire des Tehilim et réciter le Kaddich.
Que doit comporter la Matséva ?
- Le prénom hébreu du défunt, suivi du prénom de son père (par exemple : Chelomo ben Avraham).
- La date hébraïque du décès.
- La formule d'introduction usuelle : פ״נ (po nikbar, "ici est enterré") ou פ״ט (po tamoun), selon la communauté.
- La formule finale traditionnelle, en abrégé : תנצב״ה — Tehé nafcho tseroura bitsror hahaïm — "Que son âme soit liée dans le lien de la vie éternelle."
- On peut également y faire figurer le nom civil, la date civile du décès et une épitaphe, selon les souhaits de la famille et les usages du cimetière.
La formule תנצב״ה est tirée du premier Livre de Samuel (25:29). Elle est utilisée dans toutes les communautés juives comme vœu adressé à l'âme du défunt.
Quelques règles et usages
- La Matséva doit être sobre et digne. La Halakha n'impose pas de matériau particulier, mais décourage les monuments ostentatoires contraires à l'esprit du deuil juif.
- Il est d'usage de ne pas inaugurer la Matséva pendant les périodes de deuil public (Sefirat HaOmer, Neuf Jours, etc.), sauf urgence ou nécessité.
- Certaines communautés ont pour usage de ne pas visiter le cimetière pendant les Yamim Tovim (fêtes) ni pendant la Chiva. La cérémonie d'inauguration doit donc être planifiée en tenant compte de ces contraintes.
- On ne mélange pas les tombes d'un homme et d'une femme dans un même carré sans séparation, selon les usages du cimetière.
- On ne s'assied pas sur une tombe et on ne marche pas dessus.
La cérémonie de dévoilement
- La cérémonie se tient généralement en famille et en présence des proches.
- On lit des Tehilim choisis (notamment les psaumes 23, 49, 90, 91) et on récite le Kaddich des endeuillés.
- On peut prononcer quelques mots en mémoire du défunt.
- Il n'existe pas de liturgie obligatoire fixée pour cette cérémonie : les pratiques varient selon les familles et les communautés.
- Pour tout renseignement sur l'organisation de la cérémonie ou les démarches administratives auprès du cimetière, n'hésitez pas à contacter Dayan HaEmet.
